2011:
24 septembre 2010 (à l'Université Paris III) et 11 février 2011 (Université de Liège) : " Le texte dans le texte: qu'est-ce qu'une interpolation?" , organisé en collaboration avec l'université de Liège (Annie Combes).
La littérature médiévale est une littérature du ressassement, de la reprise, de la réécriture. Cet aspect bien connu a récemment fait l'objet d'études nombreuses examinant dans le détail les phénomènes d'intertextualité, de mouvance des textes. C'est dans cette perspective que s'inscrit ce colloque avec toutefois un objectif plus précis: reprendre et préciser la notion d'interpolation, très largement utilisée par la critique, en particulier philologique, mais qui n'a pourtant pas suscité jusqu'à ce jour une réflexion d'ensemble.
Qualifier d'interpolation le passage d'un texte est le moyen de l'écarter, de mettre en cause son "authenticité". L'interpolation n'appartient pas en propre au texte original, elle n'a rien à y faire. Liée au rêve toujours vivace de "retrouver la version originale", l'interpolation ne peut être conçue qu'en termes négatifs: elle nuit à l'équilibre de l'ensemble, elle entre en contradiction avec le reste du texte, elle est mal cousue et se repère facilement comme telle. Aussi faut-il l'éliminer ou, au mieux, la signaler comme un ajout intempestif. C'est affirmer son caractère secondaire. Or la pratique de l'interpolation est si largement répandue dans la littérature médiévale qu'il est en réalité impossible de la considérer comme un phénomène annexe. Elle est bel et bien au coeur de l'écriture. Ce projet de colloque s'inscrit dans le cadre d'une collaboration ancienne et fructueuse entre Paris III et l'Université de Liège.
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15-16 mars 2011 : Quand l'image relit le texte.
Colloque organisé en collaboration entre l'Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle (Maud Pérez-Simon, CEMA - EA 173) et l'Université Paris 4 Sorbonne (Sandrine Hériché-Pradeau, Sens, texte et histoire - EA 4089)
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5 avril 2011 : Journée d'étude "Des Saints et des rois. L'hagiographie au service de l'histoire."
Journée d'étude organisée par Françoise Laurent (Université Blaise Pascal de Clermont Ferrand), Laurence Mathey-Maille (Université du Havre) et Michelle Szkilnik (Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3).

14, 15 et 16 septembre 2011 : Mémoire du Moyen Âge dans la poésie contemporaine ( Ecole normale supérieure (Paris), Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis )
La référence médiévale dans la création contemporaine ne se limite pas à la poésie : elle traverse tout le champ esthétique selon des modalités multiples, propres à chaque domaine, avec des effets d'appropriation divers, souvent irréductibles entre eux. Dans les oeuvres contemporaines, la résurgence du Moyen Âge s'assortit néanmoins bien souvent d'un paradoxe que nous avons mis au jour : elle est récurrente dans des oeuvres qui se disent expérimentales et s'efforcent d'inventer des formes nouvelles, en récusant souvent avec force le poids de certains héritages, sinon la pertinence de l'idée même de filiation. Ce paradoxe a constitué le point de départ d'un séminaire commun à l'École normale supérieure de Paris et l'Université Paris 8 : deux années durant, il a réuni auteurs, critiques et lecteurs autour de la mise en regard des espaces littéraires et esthétiques, médiévaux et contemporains, qui s'appelaient par des effets de résonance spécifiques . Dans les oeuvres étudiées, où la poésie n'était abordée qu'indirectement, la référence au Moyen Âge, toujours précise, ne prétendait jamais en restituer une image globalisante, sans distance.
Il apparaît que la mémoire médiévale, déjà sollicitée par la poésie moderne, occupe une place de plus en plus insistante dans la production poétique des dernières décennies. Cette place, affichée, est loin d'être circonscrite : la mémoire du Moyen Âge resurgit dans des oeuvres relevant d'univers poétiques différents. Très présente dans la poésie de langue française (Yves Bonnefoy, Joé Bousquet, Jacques Roubaud, Raymond Queneau, Jacques Darras, Valère Novarina...), elle est sans frontière : on la retrouve, avec des modalités de transmission et d'invention diverses, dans les poésies anglaise, italienne et allemande, et elle nourrit l'expérience poétique dans la littérature anglo-américaine d'aujourd'hui : Geoffrey Hill, W. G.. Sebald, Jack Spicer, Cole Swensen, Stacy Doris ou Susan Howe, dont les oeuvres viennent d'être traduites en français, sont les plus récents acteurs de cette traversée.
Le présent colloque voudrait explorer la singularité de cette rencontre entre forme poétique et matériau médiéval en réfléchissant sur la mémoire des textes et des images du Moyen Âge que réactivent les expériences poétiques contemporaines. Si un poème répond toujours à un autre poème, installant en son sein un dialogue avec une tradition, il s'écrit toujours au présent : ce dialogue, comment se construit-il ? Quelle(s) vision(s) du monde contemporain contribue-t-il à formuler ? Pour quel (autre) Moyen Âge ? L'expérience poétique, particulièrement accueillante au fonctionnement de la mémoire, ne restitue pas un passé médiéval « tel qu'en lui-même » : le présent du poème le recompose par bribes et le retisse autrement.
Il s'agira de mettre en valeur la diversité des matériaux médiévaux exploités (à quels textes, à quelles images du Moyen Âge, à quel Moyen Âge ont recours les poètes ?), de réfléchir aux modalités de transmission des formes et de l'histoire médiévales, et à la spécificité de l'expérience poétique à l'oeuvre dans le processus de résurgence. Nous nous proposons également d'interroger ce qui fonde cet appel au Moyen Âge. Les expérimentations formelles de la poésie médiévale, sa vocalité, sa musicalité, sont des éléments parmi d'autres que l'on souhaiterait examiner à travers le prisme de leur réinvestissement par les poètes contemporains. On analysera également la façon dont la spécificité des langues médiévales fertilise et croise des pratiques poétiques contemporaines dans le travail sur la langue qu'elles mettent en avant. Cette perspective nous permettra ausi d'interroger l'expérience de transfert linguistique qui se joue dans le processus de traduction, qu'il s'agisse de traduire des textes médiévaux, ou, en synchronie, des textes poétiques contemporains.
Organisé sur trois jours à la fin de l'été 2011 (15, 16 et 17 septembre) par les départements de littératures de l'ENS, de l'Université de Paris 8 et de Paris IV, le colloque se déroulera à Paris et au Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis. Il proposera des lectures critiques d'oeuvres médiévales et contemporaines ainsi que des lectures et des expositions, en associant poètes, traducteurs et chercheurs.
Nathalie Koble (ENS Paris), Amandine Mussou (Paris IV), Mireille Séguy (Paris 8)
Deux ouvrages en sont issus : un numéro de la revue Littérature intitulé « Le Moyen Âge contemporain, perspectives critiques » (n° 148, déc. 2007) et Passé Présent. Le Moyen Âge dans les fictions contemporaines (dir. N. Koble et M. Séguy, Editions rue d'Ulm, 2009, collection « Aesthetica »).
2012 :
Deux journées d'études en association avec l'Université de Clermont-Ferrand où enseigne Françoise Laurent, membre associée de l'EA 173, sur le thème de l'historiographie médiévale en latin et en français. Si les chroniques en français ont fait l'objet d'analyses précises, la production latine a été moins explorée. De même, le lien entre les histoires en langue vernaculaire et leurs sources latines est souvent négligé. C'est ce lien que nous nous proposons d'examiner afin de mieux définir les modalités de l'écriture historique au Moyen Age.